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The last order. (pv)
monsters are real, ghosts are real too, they live inside us, and sometimes, they win



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LE POURFENDEUR
Innocent d'Artois d'Acre
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+ TES PRIERES : 45
+ ARRIVEE A MISTY HILL : 08/09/2013

LE POURFENDEUR

MessageSujet: The last order. (pv)   Dim 22 Sep - 2:07



The last order.

- Cailean&Innocent
Assis dans le silence de son antre, l’ange méditait. Il pouvait sentir les doigts de fée froids sur ses épaules, ou alors peut-être n’était-ce qu’une impression ? Une petite brise à peine, formant sur lui comme deux grandes ailes et ses cheveux déjà taillés en auréole. Dans l’antre obscure, Innocent écoutait le silence, en apprenait la profondeur et la beauté. Il allait s’endormir comme ça, assis sur le sol. Il allait sombrer dans les bras invisibles de Raphaël ou de Gabriel, et peut-être allait il se réveiller au paradis… ou en enfer.

Trois petits coups contre la porte le sortirent de sa torpeur.
La tête encore lourde de pensées aussi confuses que multiples, il se leva et ouvrit la porte, oubliant de se couvrir. En jeans noir, le torse nu, la femme de chambre eut un regard d’abord surpris puis apeuré. Quel étrange homme portait sur son ventre la croix rouge des templiers à leur époque ? Quel autre homme qu’un fou ? Pour autant, Innocent ne se couvrit pas et ne baissa pas les yeux. La honte et la gêne n’étaient que pour les impies. Il tendit la main comme elle tenait du courrier. Elle lui donna deux lettres, les doigts maladroits, et finalement c’est d’une voix grave, presque caverneuse, que le pieux la remercia. Il referma aussitôt la porte derrière lui comme s’il craignait qu’un souffle funeste ne s’y abrite. Aucun démon n’aurait pu entrer dans cet enfer. Les murs étaient couverts de crucifix et sur le sol, Innocent avait tracé en peinture rouge le Sceau de Salomon.
Au milieu enfin se trouvait son lit, un matelas qui tenait plus du futon qu’autre chose, sans couverture, avec un seul drap blanc tâché de sang. De son sang plus exactement. Une chose qu’il ne tenait pas à expliquer outre mesure aux femmes de chambre. Qu’elles puissent le prendre pour un fou ou un psychopathe ne le dérangeait pas. De toute façon, dans le fond, il était un peu des deux.

Il posa finalement ses yeux clairs sur les papiers et remarqua un sceau marqué de deux clefs. Une lettre du Vatican. Cela faisait seulement cinq jours qu’il était arrivé à Misty Hill et on lui envoyait déjà des ordres ? Innocent fut surpris, mais n’en montra rien. Il écarta d’un doigt habile le sceau de cire écrue et tira hors du papier le document officiel écrit de la main même d’un cardinal ou du secrétaire sans doute. Il le parcourut rapidement du regard. Il était écrit en latin. Une drôle de façon de correspondre mais aussi l’une des plus sûres à ce jour.
Les mots étaient clairs, parfois remplacer par de l’italien quand on abordait des mots plus récents, plus modernes… Les ordres, eux, étaient simples. Il était remis aux mains du prêtre de Misty Hill, un cureton du nom de Cailean DeMichelis. Visiblement de vieille famille installée ici, qui connaissait les recoins du village, ses habitants et leurs habitudes. Innocent tira la gueule à l’idée de se retrouver à devoir écouter déblatérer un vieil homme - il était sans doute vieux comme la plus part des prêtres de village - qui n’en saurait finalement pas beaucoup plus que lui sur la situation de Misty Hill. Il poussa un soupir profond et finalement déchira la lettre. Il la jeta dans un petit pot et y mit le feu, la réduisant en cendre. Le feu prit tout le pot, et quand les flammes commencèrent à lécher en dehors du pot, Innocent le recouvrit d’un couvercle : le feu s’éteignit aussitôt, étouffé.

Une bonne chose de faite. Il fit quelques pas dans la pièce, attrapant un marcel qui traînait par là et l’enfila. Ses yeux, eux, cherchaient sur la grande carte accrochée au mur l’emplacement de l’église dans la ville. Il ne fallut que quelques secondes pour tracer du regard le chemin qu’il devrait faire. Ça semblait plutôt loin. Il était midi environ. Le temps d’y arriver, il serait peut-être la fin la moitié de l’après-midi, peut-être même la fin.
Il passa finalement sa gueule dans l’eau propre d’un petit évier, remit en place sa tronche et attrapa sa veste noire. Elle était cloutée aux épaules, pas pour le feu, mais chaque petit pique était gravée de la pointe d’un tatoueur chevronné, d’un Te Deum, d’un Angélus ou encore d’une partie d’un psaume. Les lettres étaient si petites, si fines, qu’on aurait même eu du mal à les apercevoir à l’oeil nu en se tenant à côté d’Innocent. Ce n’était pas par fierté. C’était juste une sorte de protection avisée. Il sortit finalement dehors ainsi, armé sans en avoir l’air. Son corps était une machine, une mécanique redoutable. Il était un fauve dans la nature, un grand félin en perdition. Chaque pas était un silence sur une partition. Chaque mouvement un éloge à la perdition. Son aura noir traînait derrière lui comme le voile d’une mariée, mettant mal à l’aise le mal et les mauvaises pensées par ce reflet dégueulasse qu’il pouvait jeter. Aussi, quand il passa dans le hall de l’hôtel, la femme de chambre qui venait de voler quelques pièces de monnaie sur la commode d’un client croisa le regard d’Innocent, et s’il eut sortit du bâtiment, elle alla tout de même reposer les quelques piécettes, la culpabilité lourde sur ses épaules.

Innocent était ainsi. Une sorte de grand miroir sombre. De son visage ne ressortait que rarement les bien faits des gens, sauf quand il souriait… Mais la dernière fois qu’il avait sourit remonter à bien trop longtemps à présent.

La route fut longue mais Innocent prit le temps à chaque fois de regarder autour de lui. Il croisa notamment une nonne qui passait par son chemin qu’il salua d’un signe de tête. Elle lui jeta un long regard mais le salua tout de même avec l’impression d’avoir croiser un hybride entre le diable et l’ange. Elle resta quelques longues secondes à l’observer disparaître sur le chemin le long de la route… Quand il fut trop loin pour être aperçut, elle secoua la tête et reprit son chemin, troublée.

« Excusez-moi… » Sa voix résonna dans la ruelle. Le vieil homme releva la tête. Il avait les yeux creux, ces yeux dévorés par la lassitude et l’absence. A voir ses yeux, Innocent connaissait la moitié de sa vie. Il les avait vu plusieurs fois, ces yeux là. « … Vous sauriez par où se trouve l’église ? »

Le vieillard le regarda quelques secondes. Cela remontait dans sa mémoire. Il n’y était sans doute plus aller quand sa foi avait décliné. Peut-être avec la mort de sa femme. La mort coupe souvent les liens entre Dieu et ses brebis. Les hommes vivent la mort comme une punition, un fardeau, quand pourtant se devrait être une sorte de libération.
Innocent écouta finalement le vieillard qui lui indiqua le reste de la route. Il hocha la tête, le remercia et traversa les quelques dernières rues qui le séparait du bâtiment. L’église pointait enfin devant lui, fière et haute sur ses blocs gris et noirs. Elle était de taille moyenne, ni trop grande comme les cathédrales de Paris, ni trop petite comme les chapelles des villages. Une parfaite église. Il grimpa les quelques marches et entra dans la Maison de Dieu comme si ça avait été chez lui - et sans doute l’était-ce dans le fond. Il sentit le froid le prendre et sa peau se tendre. Les églises avaient toujours un coeur froid, à l’inverse de l’enfer qui était chaud. C’était pourtant Dieu qui possédait le feu divin… celui du coeur qui réchauffe toujours les membres engourdis.

Innocent eut un sourire à cette pensée avant d’apercevoir un enfant de choeur saluait le prêtre et sortir par les grandes portes. Là, une grenouille de bénitier parlait avec sa voisine, et plus loin un homme priait en silence les larmes aux yeux. Plus en arrière, au milieu des bancs, une femme attendait et observait le Christ dans un silence religieux.

Innocent n’en fit rien et traversa l’église, marchant entre les bancs de bois en direction du prêtre. Il savait déjà qu’il avait du être informé le matin même ou la veille de son arrivée. Le Vatican était toujours très pointu sur les horaires… à défaut de l’être sur d’autres choses.
Arrivé en face de celui qu’il devinait être Cailean, surtout à cause de la tenue, Innocent eut un petit mouvement de tête respectueux.

« Bonjour mon père, mon arrivée a du vous être annoncée, si elle ne l’a pas été faite, je suis Innocent. Le Vatican m’envoie pour que je vous seconde dans vos tâches. J’espère ne pas vous déranger… »

La phrase fit sourire en coin le jeune homme… allez diable savoir pourquoi.
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